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Histoire

La naissance du Camp de Drancy

Drancy est longtemps resté un lieu méconnu de l’histoire.  Ce n’est qu’à partir de la seconde guerre mondiale qu’elle devient célèbre pour avoir abrité un des principaux instruments de persécution des Juifs : le Camp de Drancy.

C’est en été 1941 que cette cité du nord-est parisien a été transformée en camp d’internement et de rassemblement des Juifs. Cependant un premier camp y était installé dès l’arrivée des Allemands à Paris, en 1940.

En effet, pour relever le défi de développement, Drancy se dote d’un ensemble d’habitations à bon marché (HBM), nommée La cité de la Muette. Sa construction débute en 1932 et elle bénéficie rapidement d’une reconnaissance internationale, puisque c’est pour la première fois que les techniques de préfabrication sont réalisées à grande échelle. Elle compte cinq tours de quatorze étages, associées à des bâtiments en peigne et une construction en U.

L’invasion allemande

C’est dans cet ensemble architectural que les autorités allemandes installent leur camp dénommé le Frontstalag 111. Il est destiné aux prisonniers de guerre français et aux internés britanniques. Ces derniers étaient considérés par les nazis comme des ressortissants de puissance ennemie.

A partir du 20 Août 1941, la cité de la Muette devient un véritable camp de concentration pour les Juifs en raison de sa grande superficie et sa situation stratégique. Il accueille alors plus de 4 200 Juifs raflés à Paris dans le cadre d’une vaste mesure de représailles qui fait suite aux attentats commis contre des soldats allemands.

Quelques semaines auparavant, le Frontstalag 111 avait été dissous. Il était vide et inhabité, ce qui offrait aux autorités allemandes avec la complicité de certains commandants français, un lieu idéal pour emprisonner ces hommes, femmes et enfants arrêtés. Rien n’avait été prévu pour les maintenir dans de bonne condition de vie.

Les conditions de vie du Camp

Le préfet de la Seine informé tardivement qu’il allait devoir assurer l’internement de ces personnes,  réquisitionne le site et le place sous la responsabilité du préfet de police et de la gendarmerie. Ils ont la lourde charge de gérer la sécurité et la discipline qui doit régner dans le camp. Ils doivent rendre compte aux autorités allemandes qui réservent des décisions atroces aux détenus.

Les Juifs sont internés dans le long bâtiment en U, dit le fer à cheval, qui a été ceinturé d’une plusieurs rangées de barbelés. Au centre, une cour intérieure est divisée en allées par d’autres haies et à des endroits stratégiques. Un bâtiment insalubre en brique rouge, appelé le « château rouge », sert de toilettes.

Pendant ce temps les services de la Gestapo mènent une politique de persécution des Juifs tandis qu’à Berlin la «solution finale » est presqu’achevée. Le capitaine Theodor Dannecker, joue un rôle d’aiguillon auprès des autorités militaires allemandes, en poussant à l’internement de milliers de Juifs lors de la seconde rafle.

Lorsque les victimes de la seconde rafle arrivaient, l’improvisation fût encore plus dramatique. Le préfet de la Seine n’a livré que 1200 lits sans paillasse ni couverture. Les détenus manquaient de tout, l’alimentation était restreinte, les colis interdits et les fenêtres des chambrées furent peintes en bleu pour éviter toute communication.

Au bout de quelques semaines, c’étaient la famine, les poux, la dysenterie et autres maladies qui régnaient dans le camp. Les premiers morts sont enregistrés fin octobre.

Exceptionnellement, les Allemands autorisèrent la libération de 750 Juifs en novembre 1941. Par contre certains internés prennent  le risque de s’évader. Une trentaine de Juifs réussissent à s’enfuir d’août 1941 à mars 1942.

La déportation

Le 11 juin 1942, Adolf Eichmann réunit à Berlin ses représentants des services des affaires juives de France, de Belgique et des Pays-Bas pour lancer le programme de déportation systématique de l’ensemble des Juifs d’Europe de l’Ouest. De nombreux convois partant de France vers les centres de mise à mort en Pologne et Autriche sont organisés immédiatement.

Le premier convoi de Drancy a lieu le 19 juillet. Il est composé d’environ 1 500 détenus. Le second pareillement et ainsi de suite. Il eut au total plus de 75 convois de déportation partis de Drancy pour les camps d’extermination. Arrivées dans les différentes colonies, ce sont des milliers de juifs qui sont torturés et gazés : c’est l’holocauste.

Sur les 76 000 hommes, femmes et enfants juifs déportés, 65 000 sont passés par le Camp de Drancy. Moins de 2 000, soit 3% d’entre eux ont pu revenir. De ce fait la localité a joué un rôle majeur dans le génocide juif.

La libération du Camp de Drancy

Face à l’avancée des troupes alliées dans la capitale française, les autorités allemandes sont contraintes de prendre la fuite. Ils emmènent avec eux une cinquantaine de prisonniers mais ce dernier ‘ convoi de la mort ‘ n’arrivera pas à son terme puisque la plupart des prisonniers parviennent à profiter de la confusion générale pour s’échapper.

Le Camp de Drancy sera définitivement libéré le 17 Août 1944. Les personnes suspectées de collaboration de ce massacre sont alors emprisonnées à leur tour dans les locaux du bâtiment. Il est par la suite réaménagé et c’est à partir de 1948 qu’il accueille ses premiers habitants.